Clôture de Wall Street : nouveaux sommets, saluant les signes de reprise

La Bourse de New York a fini en hausse vendredi, les indices Dow Jones et S&P 500 terminant sur de nouveaux records, tandis que le Nasdaq approche des siens. L'inquiétude concernant l'inflation semble...

La Bourse de New York a fini en hausse vendredi, les indices Dow Jones et S&P 500 terminant sur de nouveaux records, tandis que le Nasdaq approche des siens. L'inquiétude concernant l'inflation semble pour l'instant s'effacer face aux espoirs de reprise économique solide grâce aux plans de relance de Joe Biden et à la campagne de vaccination anti-Covid aux Etats-Unis.

A la clôture, le Dow Jones a gagné 0,89% à 33.800 points, tandis que l'indice large S&P 500 a pris 0,77% à 4.128 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a avancé de 0,51% à 13.900 pts.

Sur l'ensemble de la semaine, le DJIA a gagné 1,9%, sa 3e semaine de hausse, le S&P 500 a pris 2,7%, enchaînant lui aussi 3 hausses hebdomadaires, tandis que le Nasdaq a bondi de 3,1%, sa 2e semaine de hausse d'affilée. Le Nasdaq n'est désormais plus qu'à environ 1,5% de son record du 12 février (à 14.095 pts), après avoir subi une correction de plus de 10% début mars, sur fond de tensions sur les taux.

Huit des onze indices sectoriels du S&P 500 ont progressé vendredi, dont les technologiques (+1%), les biens de consommation discrétionnaires (+1,1%), les industrielles (+1%) et la santé (+1,1%). Le secteur énergétique (-0,5%) et les biens de consommation de base (-0,04%) ont fléchi. Parmi les grandes "technos", Apple (+2%), Microsoft (+1%), Intel (+1,8%) ou encore Amazon (+2,2%) se sont distingués à la hausse.

Les marchés anticipent une bonne saison des résultats des entreprises, qui commenceront à publier à partir de la semaine prochaine leurs comptes du 1er trimestre 2021. Le consensus des analystes table sur un bond de 25% des bénéfices du S&P 500 par rapport au premier trimestre 2020, qui avait été très affecté par la crise du coronavirus. Les prévisions des directions pour la suite de 2021 seront très suivies, beaucoup de bonnes nouvelles ayant déjà été intégrées dans les cours de Bourse ces derniers mois...

Les taux se stabilisent sur la semaine, le pétrole chute

Du côté des rendements obligataires, le T-Bond américain à 10 ans est reparti en légère hausse vendredi à 1,66% (+2 points de base) et le "30 ans" est resté stable à 2,33%. Toutefois, ces taux ont fait du surplace sur l'ensemble de la semaine, le marché retrouvant son calme après de nombreuses déclarations rassurantes faites par les responsables de la Réserve fédérale. L'indice du dollar a avancé vendredi de 0,1% à 92,17 points face à un panier de devises, tandis que l'euro a cédé 0,07% à 1,1904$.

Dans les matières premières, le baril de pétrole brut WTI a fléchi de 0,5% à 59,32$ sur le Nymex, et le Brent de la mer du Nord a reculé de 0,4% à 62,95$. Sur la semaine, les deux variétés de pétrole ont reculé d'environ 3% après la décision de l'Opep+ de relever progressivement sa production à partir de mai, malgré la 3e vague de coronavirus qui pèse sur la reprise en Europe et dans d'autres régions du monde.

L'once d'or a lâché 0,8% à 1.744,80$ sur le Comex (contrat à terme de juin), mais a repris 1% sur la semaine.

Les prix à la production en hausse de plus de 4% sur un an aux Etats-Unis

Dans l'actualité macro-économique ce jour, l'indice des prix à la production a grimpé plus que prévu en mars aux Etats-Unis, grimpant de 1% sur un mois, contre +0,5% de consensus. La progression est de 0,7% hors alimentation et énergie (consensus 0,2%).

La croissance du PPI est même montée à 4,2% en rythme annuel, son niveau le plus élevé depuis septembre 2011, selon Reuters. Hors alimentaire et énergie, la croissance en rythme annuel se situe à 3,1%, contre 2,7% de consensus. Une telle hausse ravive donc quelque peu les craintes liées à l'inflation outre-Atlantique, bien que Wall Street n'en ait pas souffert vendredi, bon nombre d'opérateurs estimant que ces chiffres reflètent en grande partie la base basse de mars 2020, en pleine crise du Covid.

Egalement dans l'actualité économique américaine ce jour, les ventes de grossistes du mois de février ont régressé de 0,8% à environ 538 milliards de dollars, alors que les stocks ont augmenté de 0,6% en comparaison du mois antérieur, à 682 milliards.

En Chine aussi, la tendance a été plus haussière que prévu sur les prix, avec des prix à la consommation en hausse de 0,4% en mars sur un an et surtout, des prix à la production en hausse de 4,4% sur un an. Le Bureau National des Statistiques chinois a attribué cette poussée des prix à la production à l'augmentation des cours des matières premières internationales, notamment du pétrole et du minerai de fer.

L'inflation surveillée par la Fed, sans inquiétude particulière

L'inflation n'est pour l'instant pas considérée comme un phénomène durable, notamment aux Etats-Unis, où le président de la Fed Jerome Powell a répété jeudi que la Fed "surveille très attentivement l'évolution des prix", et a assuré qu'elle disposait des outils nécessaire à réagir, s'il s'avérait que les prix "évoluent durablement et véritablement au-dessus des niveaux avec lesquels nous sommes à l'aise".

Lors d'une visioconférence à l'occasion de la réunion de printemps du FMI, Powell a aussi souligné que les disparités dans les efforts de vaccination selon les pays représentaient un risque pour la reprise de l'économie mondiale, et a mis en garde contre les risques de 3e vague de Covid aux Etats-Unis où le variant britannique se diffuse rapidement.

De son côté, Robert Kaplan, le patron de la Fed de Dallas, a confirmé vendredi que l'économie américaine avait toujours besoin du soutien de la Fed, au moins tant que le pays ne serait pas débarrassé du coronavirus.

Kaplan a toutefois nuancé un peu le propos, en ajoutant qu'une politique accommodante excessive pendant plus longtemps que nécessaire pourrait avoir des effets négatifs. "Il ne faut pas faire de hausses préemptives, mais il ne faudrait pas non plus attendre trop et réagir trop tard", a-t-il ajouté.

Un budget US orienté vers le climat et contre les armes à feu

Par ailleurs, le président américain, Joe Biden, a dévoilé vendredi les grandes lignes de son premier budget (pour l'exercice qui s'achèvera fin septembre 2022), qui est marqué par une forte augmentation des crédits alloués à la lutte contre le dérèglement climatique et la violence par armes à feu.
Le projet tranche donc avec les priorités de son prédécesseur Donald Trump.

Ce budget s'élève à quelque 1.520 milliards de dollars (1.260 milliards d'euros), en hausse de 8% par rapport à celui de l'exercice en cours, et prévoit des investissements nouveaux dans les transports publics et l'environnement, ainsi qu'un renforcement des contrôles préalables à l'achat de certaines armes, tout en supprimant les crédits consacrés à l'édification du "mur" à la frontière avec le Mexique.

VALEURS A SUIVRE

Johnson & Johnson (-1%), le colosse médical et pharmaceutique américain, discute avec le gouvernement indien du lancement d'un essai clinique de son vaccin anti-covid dans le pays. L'Agence européenne des médicaments (EMA) a annoncé pour sa part ce vendredi enquêter sur quatre cas, dont un mortel, de formation de caillots sanguins chez des personnes ayant reçu le vaccin de J&J. Le groupe dit coopérer avec les enquêteurs.

Pfizer (+1,78%). L'Australie a doublé sa commande en vaccins Pfizer / BioNTech (+6,7%) contre le Covid, à 40 millions de doses désormais, ce qui permettrait de vacciner 80% de la population. Mieux encore, la Commission européenne veut le feu vert des gouvernements de l'UE pour négocier avec Pfizer / BioNTech en vue de leur acheter jusqu'à 1,8 milliard de doses pour une livraison en 2022 et 2023, a indiqué à Reuters un responsable européen.

Enfin, Pfizer et son partenaire allemand ont demandé vendredi à la FDA, l'autorité américaine de régulation des médicaments, d'autoriser l'utilisation en urgence de leur vaccin contre le Covid-19 pour les adolescents âgés de 12 à 15 ans. Leur sérum était jusqu'ici autorisé pour les plus de 16 ans.

Boeing (-1%), le géant aéronautique de Chicago, a demandé à 16 clients de corriger un possible problème électrique sur un groupe spécifique de 737 MAX avant de poursuivre les opérations. Boeing dit par ailleurs travailler avec l'administration fédérale de l'aviation aux Etats-Unis (FAA) sur ce problème.

Levi Strauss (+2,6%) a annoncé des comptes trimestriels supérieurs aux attentes et a relevé sa prévision de revenus pour le premier semestre, misant sur le retour à la normale grâce à la vaccination contre le coronavirus.

Crown Holdings (+2,8%) a conclu la cession de 80% de sa branche européenne d'emballages au groupe de capital-investissement KPS Capital Partners pour un montant de 2,25 milliards d'euros.

Facebook (-0,18%). L'autorité britannique de concurrence mentionne la suspension par le réseau social californien de 16.000 comptes commercialisant de faux avis consommateurs.

Tesla (-1%) a rehaussé encore les prix de vente de ses Model 3 et Y aux Etats-Unis, selon le site spécialisé Electrek, généralement très bien renseigné sur le sujet.

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