Clôture de Wall Street : le marché corrige, l'accord commercial s'éloigne...

Après un mois de novembre ponctué par les records, la Bourse de New York a commencé décembre en berne, après l'annonce par Donald Trump du rétablissement de taxes d'importations sur les métaux argenti...

Après un mois de novembre ponctué par les records, la Bourse de New York a commencé décembre en berne, après l'annonce par Donald Trump du rétablissement de taxes d'importations sur les métaux argentins et brésiliens. Les marchés craignent une décision du même type sur la Chine, qui reste sous la menace de nouveaux "tarifs" à partir du 15 décembre. Les négociations en vue d'un accord commercial avec les Etats-Unis seraient à nouveau au point mort... Dans ce contexte, les marchés ont boudé les ventes en ligne record réalisées lors du Black Friday, et sans doute aussi en ce Cyber Monday. Si la consommation reste dynamique outre-Atlantique, l'activité manufacturière s'est en revanche contractée en novembre pour le 4e mois consécutif, selon l'indice ISM.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 0,96% à 27.783 points, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 0,86% à 3.113 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a fléchi de 1,13%, à 8.567 pts.

Donald Trump tempête contre l'Argentine, le Brésil et la Fed !

Donald Trump a relancé lundi les craintes de guerre commerciale, en annonçant, via Twitter, le rétablissement "avec effet immédiat" des droits de douane de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium en provenance d'Argentine et du Brésil. Le président américain accuse les deux pays sud-américains d'avoir procédé à une "dévaluation massive de leurs monnaies" qui pénalise les agriculteurs américains, a-t-il tempêté.

La monnaie brésilienne a perdu près de 10% depuis le début de l'année, entraînée par les autres devises latino-américaines et par des baisses de taux effectuées pour soutenir la croissance. Quant au peso argentin, il a plongé de 37% face au dollar sur fond de crise économique et financière dans le pays.

Ces annonces ont profité aux cours de Bourse des sidérurgistes américains tels que U.S. Steel (+4,1%), AK Steel Holding (+4,70%) et dans une moindre mesure Nucor (+0,5%).

Trump pourrait aussi taxer Pékin dès le 15 décembre

Donald Trump s'en est aussi pris une nouvelle fois à la Réserve Fédérale américaine, en lui réclamant de nouvelles baisses de taux : la Fed devrait "agir afin que des pays, qui sont nombreux, ne profitent plus de notre dollar fort en dévaluant encore plus leurs monnaies. Cela complique fortement les justes exportations de marchandises de nos industriels & agriculteurs. Abaissez les Taux & Assouplissez - Fed !", a tweeté Trump.

Mais au-delà de ces annonces, les marchés craignent que les Etats-Unis n'imposent également de nouvelles taxes sur les produits importés de Chine, à partir du 15 décembre. Lundi, le secrétaire au Commerce Wilbur Ross a en effet affirmé que Donald Trump était prêt à mettre en oeuvre ces taxes si un accord commercial n'est pas conclu. "Si rien ne se passe d'ici-là, le président a clairement indiqué qu'il appliquera les droits de douane, les droits de douane majorés", a ainsi déclaré M. Ross dans un entretien exclusif avec la chaîne 'Fox Business'.

Or, les marchés espéraient que ces mesures seraient gelés et qu'un accord commercial pourrait être signé avant la fin de l'année. Washington avait accepté en août dernier de reporter au 15 décembre ces taxes de 10% sur environ 156 milliards de dollars d'importations chinoises.

Les négociations gelées à cause de Hong Kong ?

Selon le site d'information américain Axios, qui cite une source proche des négociateurs américains, les discussions commerciales seraient une nouvelle fois gelées, en raison des divergences sur Hong Kong.

Cet accord commercial partiel, dit de "Phase 1" était pourtant présenté comme très proche la semaine dernière, les négociation étant censées être dans leur étape finale... Mais les relations se sont nettement tendues entre Washington et Pékin lorsque le président américain a promulgué mercredi soir une loi qui soutient les manifestants pro-démocratie à Hong Kong. La Chine a réagi en qualifiant le texte d'"abomination absolue", et a annoncé ce week-end une série de représailles, qui restent assez limitées pour l'instant et ne concernant pas le commerce afin, semble-t-il de ne pas fermer la porte aux négociations en cours.

Pékin a annoncé la suspension immédiate des escales de récupération de bâtiments de guerre américains à Hong Kong, ainsi que des sanctions contre plusieurs ONG américaines accusées de soutenir le mouvement pro-démocratie à Hong Kong.

Selon le journal chinois 'Global Times', rattaché au gouvernement, Pékin considère comme une priorité absolue l'inclusion dans l'accord d'un calendrier de retrait des droits de douane déjà mis en place, ce que Washington a jusqu'ici refusé.

L'activité manufacturière en contraction aux Etats-Unis pour le 4e mois

Sur le marché des changes, le dollar a subi des prises de bénéfices, lundi, après l'annonce d'une nouvelle contraction de l'activité manufacturière en novembre aux Etats-Unis. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence, a cédé 0,45% à 97,83 points. L'euro a gagné 0,61% à 1,1082$, soutenu par la publication d'un indice PMI manufacturier en légère amélioration dans la zone euro en novembre, même s'il traduit toujours une contraction (46,9 après 45,9 en octobre).

Aux Etats-Unis, l'indice ISM manufacturier est ressorti à 48,1 en novembre, contre 49,4 de consensus et après 48,3 en octobre. Cet indice déprimé traduit une contraction de l'activité manufacturière américaine, et ce pour le 4e mois consécutif, alors que les économistes s'attendaient à une légère amélioration de la situation.

L'autre indice manufacturier, le PMI, calculé selon d'autres paramètre, s'est en revanche amélioré à 52,6, contre 52,2 de consensus de place et 51,3 un mois avant. Par ailleurs, l'indice des dépenses de construction s'est contracté de 0,8% en octobre par rapport à septembre, ramenant sa progression à 1,1% en glissement annuel.

Le pétrole rebondit dans l'attente des réunions de l'Opep+ les 5 et 6 décembre

Malgré la chute des actions, les obligations reculent elles aussi ce lundi à Wall Street, faisant remonter les taux d'intérêts (qui évoluent en sens inverse des cours). Le rendement du T-Bond à 10 ans a bondi de 4 points de base (centièmes de point) à 1,82%.

L'or n'a pas non plus profité d'un effet valeur-refuge, et s'est effrité de 0,26% à 1.468,80$ l'once pour le contrat à terme de décembre sur le marché Comex. Le métal jaune a reculé de 2,8% en novembre, les espoirs d'un accord commercial ayant profité aux actifs risqués au détriment de l'or.

Le pétrole, qui avait plongé de l'ordre de 5% vendredi, regagne lundi une partie du terrain perdu. Le cours du baril de brut léger américain (WTI) a repris 1,4% à 55,96$ sur le Nymex (contrat à terme de janvier), tandis que le Brent de la mer du Nord a regagné 0,71% à 60,92$ pour le contrat à terme de février.

Selon les derniers bruits de marché relayés par 'Reuters', l'Arabie saoudite pousserait l'Opep+ à s'accorder pour réduire sa production d'or noir de 400.000 barils supplémentaires par jour. Vendredi, l'agence 'Bloomberg' avait de son côté écrit que Riyad comptait avertir ses alliés que le royaume ne comptait plus ajuster sa production à la baisse lorsque les autres membres dépassaient leurs quotas... L'Opep et ses alliés, dont la Russie, doivent se réunir vendredi et samedi à Vienne pour décider de l'avenir de leur accord de réduction de la production en vue de soutenir les cours.

VALEURS A SUIVRE

Les ventes du Black Friday ont cette année surtout profité aux ventes en ligne, notamment par téléphone mobile, mais la fréquentation des magasins physiques a reculé, selon les premières estimations. Les ventes en ligne ont atteint vendredi dernier un montant record de 7,4 Mds$ (+19,6%), et le Cyber Monday devrait encore générer des ventes de 9,4 Mds$, selon les observateurs. Mais ces chiffres n'ont pas suffi à soutenir les actions de la distribution, qui ont suivi le reste du marché à la baisse : l'indice sectoriel S&P des détaillants a ainsi reculé de 1% à la clôture.

Même le géant du e-commerce Amazon a cédé 1%, de même qu'eBay (-1,8%) et Alibaba (-1,88%). Parmi les distributeurs classiques (qui ont très fortement renforcé leur présence sur le web ces derniers années), Walmart a fini en hausse de 0,17%, Target a reculé de 0,7% et Best Buy a lâché 1,7%.

Baxter (-0,1%). Le laboratoire pharmaceutique américain a confirmé ce jour l'acquisition auprès du Français Sanofi de sa filiale Seprafilm spécialisée dans les produits chirurgicaux. Le montant de la transaction s'élèverait à 350 millions de dollars.

Apple (-1,1%) bénéficie des faveurs de JPMorgan, qui vient de doper son objectif de cours de 290 à 296$ sur le dossier du géant technologique californien de Cupertino. La valeur pourrait, selon le broker, profiter de la commercialisation l'an prochain de quatre modèles 5G.

Centene (-0,5%) cède sa filiale IlliniCare Health Plan à CVS Health (+0,37%) afin de parvenir au rachat de Wellcare Health Plans pour 15,3 milliards de dollars.

Fiat Chrysler (-0,14%) vient de s'accorder avec le syndicat United Auto Workers (UAW). L'accord de principe porte sur une convention collective de 4 ans incluant un engagement d'investissement de FCA chiffré à 9 milliards de dollars accompagné des créations de 7.900 emplois sur les quatre ans. 4,5 milliards doivent comme annoncé être investis dans cinq usines et générer 6.500 postes. Le projet d'accord doit être ratifié par les membres de l'UAW. Le syndicat avait déjà scellé des accords similaires avec Ford et GM.

Alphabet (-1,17%). Les autorités européennes de concurrence évaluent les pratiques de Google en matière de collecte de données. La Commission européenne a ainsi indiqué à Reuters samedi qu'elle menait une enquête sur le sujet.

Société(s) citée(s) :
Société(s) citée(s) :