Clôture de Wall Street : hésitations, avant la signature de l'accord commercial

Les indices boursiers ont fini sur une note mitigée mardi soir à Wall Street, à la veille de la signature officielle prévue mercredi à Washington, de l'accord commercial de Phase 1 entre les Etats-Uni...

Les indices boursiers ont fini sur une note mitigée mardi soir à Wall Street, à la veille de la signature officielle prévue mercredi à Washington, de l'accord commercial de Phase 1 entre les Etats-Unis et la Chine. Le vice-Premier ministre chinois Liu He est arrivé lundi soir à Washington en vue de signer le texte avec Donald Trump, tandis que Washington a retiré la Chine de la liste des nations manipulant leur devise, en signe de bonne volonté. Les premiers résultats d'entreprises, notamment des grandes banques américaines JP Morgan et Citigroup, pour le 4e trimestre 2019, ont été bien accueillis. Le pétrole a repris de la hauteur mardi, mais l'or a poursuivi sa correction.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 0,11% à 28.939 points, tout près de son record, tandis que l'indice large S&P 500 a cédé 0,15% à 3.283 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a lâché 0,24% à 9.251 pts. Un peu plus tôt, les trois indices avaient atteint des sommets historiques, mais ils se sont retournés après des informations selon lesquelles les Etats-Unis maintiendront les droits de douane existants sur la Chine, au moins jusqu'à l'élection présidentielle américaine de novembre.

Parmi les valeurs à suivre, JP Morgan Chase et Citigroup ont progressé de plus de 1% après la publication de résultats supérieurs aux attentes, tandis que Wells Fargo a chuté de plus de 5% après une déception liée à de nouvelles provisions pour des frais judiciaires.

L'inflation a ralenti en décembre outre-Atlantique

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure l'évolution du billet vert face à un panier de 6 grandes devises, a fini proche de l'équilibre à 97,37 points, de même que l'euro à 1,1128$ (-0,05%). Sur les marchés obligataires, les taux d'intérêts (qui évoluent en sens inverse des cours) se sont détendus, le rendement du T-Bond à 10 ans cédant 3 points de base à 1,81%. En Europe, le rendement du Bund à 10 ans a cédé 1 pdb à -0,17%.

Sur le front macro-économique, l'inflation est ressortie plus faible que prévu aux Etats-Unis en décembre. L'indice des prix à la consommation, publié mardi, a augmenté de 0,2% par rapport à novembre contre un consensus de +0,3%. Le 'CPI' américain a grimpé de 2,3% en glissement annuel. Hors alimentaire et énergie, éléments volatils, le CPI a augmenté de +0,1% par rapport au mois antérieur et de +2,3% en comparaison de l'an dernier (consensus respectifs de +0,2% et +2,3%).

Les cours du pétrole ont légèrement rebondi, le baril de brut léger américain (WTI) reprenant 0,30% à 58,23$ sur le Nymex (contrat à terme de février), tandis que le Brent de la mer du Nord a avancé de 0,50% à 64,49$ (contrat à terme de mars). Les deux variétés de pétrole viennent de céder plus de 7% en 6 séances, réagissant au retour au calme entre les Etats-Unis et l'Iran après les attaques de début janvier en Irak. L'or a continué de reculer, cédant mardi 0,22% à 1.542,20$ l'once, pour le contrat à terme de février coté sur le Comex.

Les droits de douane sur la Chine maintenus jusqu'à l'élection US ?

Malgré la satisfaction des marchés à l'approche de la signature de l'accord commercial de Phase 1 entre les Etats-Unis et la Chine, une information de 'Bloomberg' est venue jeter un froid mardi soir. Ainsi, selon des sources citées par l'agence de presse, l'accord qui doit être signé ce mercredi entre Washington et Pékin ne prévoit pas de nouvelles baisses des droits de douane avant l'élection américaine du 3 novembre prochain. Ensuite, leur levée sera conditionnée au respect par la Chine de ses engagements dans le cadre de l'accord de Phase 1.

Ainsi, il est prévu qu'au plus tard 10 mois après la signature de l'accord, les Etats-Unis fasse le point sur les progrès effectués et décide de réduire ou non les droits de douane qui affectent encore plus de 360 milliards de dollars de biens chinois importés, selon ces sources.

Le vice-Premier ministre chinois Liu He, principal négociateur commercial de Pékin, est arrivé lundi soir à Washington à la tête d'une délégation chinoise en vue de signer le texte, lors d'une cérémonie prévue mercredi à la Maison Blanche. Les détails de l'accord seront rendu public lors de la signature.

Pékin n'est plus considéré comme manipulateur de sa devise

L'accord de Phase 1 prévoit notamment l'achat par Pékin de milliards de dollars de biens américains supplémentaires. Quant à la "Phase 2", elle ne sera conclue qu'après l'élection américaine de novembre prochain, même si les négociations devraient démarrer dès la signature de la Phase 1.

Les marchés ont apprécié l'annonce par le département du Trésor du retrait de la Chine de la liste des Etats manipulateurs de devises, où Washington l'avait placée en août dernier.Dans un rapport semestriel sur les interventions sur les devises, le Trésor a annoncé lundi soir qu'il "a déterminé que la Chine ne devrait plus être considérée comme un manipulateur de devise". Le rapport ajoute que l'accord de Phase 1 "contient des engagements de la Chine à ne pas recourir à la dévaluation et à ne pas utiliser son taux de change à des fins de compétitivité".

Mardi, le yuan renminbi est remonté à son plus haut niveau depuis début août, la banque centrale chinoise fixant son taux pivot à 6,8954 RMB/$. Le yuan offshore s'échangeait de son côté à 6,8662 RMB/$, lui aussi au plus haut depuis 6 mois.

Des résultats d'entreprises sans relief, avant un rebond en 2020

Les marchés se préparent à une saison des résultats d'entreprises sans éclat au T4 2019, mais ils espèrent que les états-majors confirmeront des projections optimistes pour 2020. Les grandes banques américaines ouvrent le bal des résultats, avec JP Morgan Chase, Citigroup et Wells Fargo ce mardi, suivies de Bank of America, Goldman Sachs et le gestionnaire de fonds BlackRock mercredi, puis jeudi, de Morgan Stanley, Charles Schwab, Bank of New York Mellon et SunTrust.

La compagnie aérienne Delta Air Lines a publié ses comptes mardi, et l'assureur santé UnitedHealth Group est attendu mercredi, de même que le producteur d'aluminium Alcoa. Le transporteur ferroviaire CSX publiera ses comptes jeudi.

Selon les analystes sondés par Bloomberg, les profits du S&P 500 devraient reculer en moyenne de 1,6% au 4e trimestre par rapport à la même période de 2018, avant de rebondir de 3,2% au 1e trimestre 2020, et de 9,2% pour l'ensemble de 2020.

VALEURS A SUIVRE

JP Morgan Chase (+1,17%), le géant bancaire new-yorkais, a annoncé pour son quatrième trimestre fiscal un bénéfice net de 8,52 milliards de dollars soit 2,57$ par action, contre 7,07 milliards et 1,98$ par titre un an plus tôt. Le consensus de bénéfice par action, logé à 2,35$, est donc aisément dépassé, le groupe bénéficiant sur la période de solides activités consommateurs et d'une relative stabilisation économique. Les revenus trimestriels se sont quant à eux établis à 28,3 milliards de dollars, contre 26,1 milliards de dollars un an auparavant et 27,7 milliards de dollars de consensus de marché. Les revenus de banque corporate et d'investissement ont tiré par ailleurs la croissance, en vive augmentation de 31% en glissement annuel à 9,47 milliards de dollars, alors que le consensus était à peine supérieur à 8 Mds$ sur la période close. Jamie Dimon, directeur général de l'établissement, se réjouit également de la robustesse des activités consommateurs et de leur "forte position".

Citigroup (+1,5%) a dévoilé un bénéfice trimestriel en croissance de 15% avec la hausse des revenus de cartes de crédit et de trading. Le bénéfice net trimestriel est ressorti à 4,98 milliards de dollars soit 2,15$ par titre, contre 4,31 milliards de dollars et 1,64$ par titre un an plus tôt. Le consensus était de 1,81$ de bpa. Les revenus se sont appréciés de 7% à 18,38 milliards de dollars, contre 17,9 milliards de consensus. Les revenus de banque de consommation ont augmenté de 5% à 8,46 milliards de dollars, contre 8,9 Mds$ de consensus, mais ceux relatifs à la clientèle institutionnelle ont grimpé de 12% à 9,47 milliards de dollars contre 8,8 Mds$ de consensus.

Wells Fargo (-5,3%) a annoncé pour son quatrième trimestre fiscal un bénéfice net applicable aux actionnaires ordinaires de 2,55 milliards de dollars soit 60 cents par action, contre 5,71 milliards de dollars et 1,21$ par titre un an plus tôt. Sur ce trimestre clos fin décembre 2019, le consensus était de 1,12$ de bpa mais n'est pas immédiatement comparable. La banque de San Francisco, désormais dirigée par Charles Scharf, qui tente de redorer son blason, a réalisé sur le trimestre clos des revenus totalisant 19,9 milliards de dollars, contre 21 milliards de dollars un an auparavant et 20,1 milliards de dollars de consensus de marché. "Wells Fargo est une superbe et importante franchise qui a fait de sérieuses erreurs, et mon mandat consiste à mettre en oeuvre les changements fondamentaux nécessaires afin de regagner la pleine confiance et le respect de l'ensemble des parties prenantes", a indiqué le CEO du groupe.

Delta Air Lines (+3,3%) a grimpé, après avoir dévoilé des résultats supérieurs aux attentes des analystes au quatrième trimestre. La compagnie basée à Atlanta a enregistré sur les trois mois clos fin décembre un bénéfice net de 1,1 milliard de dollars pour des revenus opérationnels de 11,44 Mds$ contre 10,74 Mds$ un an plus tôt. Le bpa ajusté ressort à 1,7$ contre 1,3$ de consensus. La recette unitaire ajustée, mesure très suivie dans le secteur, a progressé de 2,4% sur la période alors que les coûts unitaires, hors carburant, ont augmenté de 4,4%, en ligne avec la guidance de la société. Le transporteur, qui n'opère pas le 737 MAX de Boeing, a notamment bénéficié d'une forte demande domestique ainsi que du repli des prix du carburant.

Delta, avec 204 millions de passagers en 2019, a généré 4,2 millions de dollars de flux de trésorerie disponibles sur l'année 2019, un chiffre qu'elle prévoit de reproduire cette année, ce qui lui permettra d'investir davantage dans de nouvelles technologies pour améliorer l'expérience passagers. La recette unitaire ajustée est attendue en hausse de 0 à 2% sur le trimestre en cours, pour des coûts unitaires, hors carburant, qui devraient croître de 2 à 3%. Sur l'ensemble de l'exercice 2020, le management table toujours sur un bpa compris entre 6,75$ et 7,75$ là où le consensus est positionné à 7,17$.

Visa (+0,37%), le géant américain des cartes de paiement, a annoncé lundi après la clôture de Wall Street avoir conclu un accord pour acquérir la société fintech Plaid pour 5,3 milliards de dollars. Plaid, basée à San Francisco, a développé une technologie qui permet à des applications telles qu'Acorns et Venmo de se connecter avec les comptes en banque des consommateurs, afin de leur offrir des services mobiles de paiement, d'investissement et de gestion de budget. La transaction sera financée en numéraire, ainsi que via "une émission de dette qui interviendra au moment approprié", a précisé Visa. L'accord est soumis à des conditions de réalisation, notamment des autorisations réglementaires, a précisé Visa, qui espère finaliser l'opération dans 3 à 6 mois. L'accord n'"aura aucun incidence sur le programme de rachat d'actions annoncé précédemment par Visa ni sur sa politique de dividende", a précisé le groupe.

Tesla (+2,5%) a encore gagné du terrain, pour une capitalisation boursière de plus de 96 milliards de dollars. Jefferies vient en effet de relever son objectif de cours de 400 à 600$ sur la valeur. Le broker pense qu'il serait une erreur de sortir du dossier sur des critères de valorisation, compte tenu du fait que la compagnie d'Elon Musk devrait probablement devenir rentable cette année. La firme Oppenheimer avait dopé hier son objectif de cours sur Tesla à 612$...

Boston Scientific (-6,2%) a décroché après avoir émis un avertissement sur ses ventes. L'équipementier médical américain estime, sur une base préliminaire, que ses revenus du quatrième trimestre ont augmenté de 13,4% à 2,9 milliards de dollars, alors que le consensus des analystes de la place se situait à 2,93 milliards. En revanche, le bénéfice ajusté par action est toujours anticipé entre 42 et 45 cents, contre 44 cents de consensus de place.

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