Clôture de Wall Street : finalement en hausse, après la conférence de Donald Trump

Après avoir oscillé entre le vert et le rouge, la Bourse américaine a finalement opté pour la hausse, mercredi, après la conférence de presse très attendue de Donald Trump. Le président américain élu ...

Après avoir oscillé entre le vert et le rouge, la Bourse américaine a finalement opté pour la hausse, mercredi, après la conférence de presse très attendue de Donald Trump. Le président américain élu n'a pourtant pas fourni de détails sur ses projets en matière fiscale et commerciale, mais il a lancé qu'il serait "le plus grand producteur d'emplois que Dieu ait jamais créé". Il a par ailleurs attaqué le secteur pharmaceutique, l'accusant "d'activités criminelles" en pratiquant des prix exorbitants, ce qui a fait chuter le secteur en Bourse.

Finalement, le Dow Jones a progressé de 0,5% à 19.954 points en clôture, tandis que l'indice large S&P 500 a avancé de 0,28% à 2.275 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeur technos et biotechs, a signé un 5ème record historique d'affilée, gagnant 0,21% à 5.563 pts. L'indice Nasdaq des biotechs, le NBI, a en revanche bu la tasse (-2,9%).

"Le plus grand producteur d'emplois que Dieu ait jamais créé"

Lors de son intervention face à la presse, Donald Trump a insisté sur sa volonté de faire revenir des emplois aux Etats-Unis, affirmant être en mesure de devenir "le plus grand producteur d'emplois que Dieu ait jamais créé". Une perspective d'autant plus réjouissante que les Etats-Unis ont déjà rejoint un niveau très proche du plein emploi sous l'administration Obama.

Le président élu s'en est pris à l'industrie pharmaceutique, coupable à ses yeux d'avoir délocalisé sa production sous couvert de fusions-acquisitions dites "fiscales", mais aussi de procéder à des hausses inacceptables des prix des médicaments et des traitements. Il a assuré qu'il ferait revenir aux Etats-Unis les sièges de nombreux laboratoires, et a promis d'introduire un système d'appel d'offres afin de faire baisser les prix, promettant aux Américains d'"économiser des milliards de dollars". Il a aussi confirmé son intention de remplacer très rapidement la réforme Obamacare par un nouveau système de protection sociale moins onéreux.

Donald Trump a par ailleurs confirmé ses intentions de construire un mur sur l'ensemble de la frontière avec le Mexique, et a annoncé avoir confié la gestion de son empire financier et immobilier à ses deux fils aînés pendant la durée de son mandat, afin d'éviter les conflits d'intérêts.

Enfin, le futur président, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, a balayé les rumeurs de presse lui prêtant des liens avec Moscou, qui détiendrait sur lui un dossier compromettant. Ce sont "des foutaises", a-t-il fulminé, accusant les services secrets d'avoir laissé fuiter ces informations, et s'en prenant aux médias ('Buzzfeed' et 'CNN') qui les ont relayées.

Toujours concernant la Russie, Donald Trump a toutefois reconnu, pour la première fois clairement, qu'il pensait que Moscou avait bien commandité le piratage informatique du parti démocrate d'Hillary Clinton pendant la campagne électorale. Jusqu'à ces derniers jours, il s'était montré sceptique à ce sujet.

Le dollar recule, le pétrole rebondit et l'or brille

Sur le marché des changes, le dollar a connu une folle journée mercredi, au gré de l'intervention de Donald Trump. Après avoir démarré la séance en forte hausse, le billet vert a fini en recul, notamment face à l'euro, qui a gagné 0,2% à 1,0576$ sur les marchés interbancaires à New York. En début de journée, l'euro était tombé jusqu'à 1,0454$, puis avait culminé à 1,0624$, soit un écart de supérieur à 1,5% dans la même séance...

Sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond à 10 ans a reculé d'un point de base, à 2,36%.

L'or a confirmé sa fermeté, finissant en hausse de 0,5% à 1.191,30$ l'once, au plus haut depuis la fin novembre. Le mois de janvier est traditionnellement favorable au cours du métal jaune en raison de l'approche du Nouvel An chinois, mais de nombreux analystes sont optimistes pour l'ensemble de 2017, compte-tenu des incertitudes mondiales, notamment liées aux mesures que pourrait prendre l'imprévisible Donald Trump.

Le pétrole, qui vient de perdre 6% en deux séances, a rebondi mercredi : le cours du baril de pétrole brut WTI (contrat à terme de février sur le Nymex) a regagné 2,8%, à 52,25$ le baril.

Du côté des valeurs, les pharmaceutiques ont accusé le coup après les menaces de Donald Trump, même si les cours se sont repris en clôture par rapport aux plus bas en séance. Parmi les titres les plus touchés figurent Pfizer (-1,8%), Bristol-Myers Squibb (-5,3%), Johnson & Johnson (-1,2%), Valeant (-6,5%), Amgen (-1,3%) ou encore Celgene (-2,3%).

Merck & Co fait figure d'exception, avec un gain de 2,8%, après avoir obtenu des autorités de santé une revue prioritaire pour l'un de ses traitements du cancer avancé du poumon. Une approbation du traitement au terme de cette revue accélérée donnerait à Merck un avantage considérable sur ses concurrents dans ce domaine.

Dans l'automobile, autre secteur pris pour cible par Donald Trump ces derniers jours, Ford Motor a cédé 1,4% après avoir émis des prévisions prudentes pour 2017. Pour 2016, le groupe a confirmé son objectif de bénéfice avant impôts de 10,2 Mds$. En prenant en compte cette performance, le conseil d'administration du groupe déclare un dividende de 0,15$ par action pour le premier trimestre, auquel s'ajouteront 200 M$ supplémentaires, soit 0,05$ par action, pour un dividende trimestriel total de 0,20$ par action. Il sera versé le 1er mars aux actionnaires enregistrés au 20 janvier.

Pour 2017, le groupe anticipe un bénéfice avant impôts légèrement plus faible que celui de 2016, en raison d'un important niveau d'investissement dans les nouvelles technologies automobiles. La rentabilité de 2018 est quant à elle attendue en progression.

A l'inverse, le titre General Motors a encore gagné 1,6% au lendemain d'un relèvement des prévisions de résultats pour 2017 et l'annonce d'un nouveau plan d'économies d'un milliard de dollars. GM prévoit aussi de racheter cette année pour 5 Mds$ de ses propres actions. Le groupe, qui anticipe de solides ventes aux Etats-Unis et en Chine, table désormais sur un bénéfice par action ajusté compris entre 6 et 6,50$ en 2017, contre 5,50 à 6 dollars auparavant, a-t-il indiqué en marge du salon automobile de Detroit.

La patronne de GM, Mary Barra a indiqué dans un communiqué que "nous avons vécu une très bonne année 2016 sur tous les plans. Notre prévision pour 2017 est basée sur nos fortes performances en Amérique du Nord et en Chine, ainsi sur de bonnes perspectives pour GM Financial, la poursuite de la réduction des coûts et des améliorations en Amérique du Sud".

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