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(AOF) - Vivendi a cédé vendredi 0,27% à 29,17 euros par action à la bourse de Paris. Le groupe de Vincent Bolloré a confirmé ce matin des informations révélées hier soir par le Wall Street Journal, se...


(AOF) - Vivendi a cédé vendredi 0,27% à 29,17 euros par action à la bourse de Paris. Le groupe de Vincent Bolloré a confirmé ce matin des informations révélées hier soir par le Wall Street Journal, selon lesquelles il serait en discussions avec Pershing Square Tontine Holdings, le SPAC (Special Purpose Acquisition Company) du milliardaire américain Bill Ackman, pour lui céder 10% du capital d'Universal Music Group (UMG). Cette opération serait réalisée sur une base de valeur d'entreprise de 35 milliards d'euros pour 100 % d'UMG BV, précise le communiqué de Vivendi.

Par ailleurs, Pershing Square et ses filiales ont indiqué qu'ils pourraient acquérir une exposition économique supplémentaire à UMG en acquérant des titres Vivendi et/ou en acquérant des titres UMG à la suite de la distribution d'actions UMG par Vivendi.

Le géant des médias avait récemment estimé la valeur nette de sa pépite, numéro un mondial de la production musicale, à 33 milliards d'euros, soit plus que sa propre capitalisation. La valeur d'entreprise évoquée plus haut prend donc en considération le montant de la dette et des liquidités dans le bilan d'UMG.

Il avait également révélé mi-mai être en train d'étudier la possibilité de céder une part supplémentaire de son label musical, soit à un investisseur américain (sans le nommer) à hauteur de 10%, soit via une offre au public de 5% à 10%. C'est donc la première alternative qui a été retenue.

La transaction, tout comme la distribution de 60% du capital d'UMG aux actionnaires de Vivendi en vue de son introduction en bourse d'ici le 27 septembre prochain, doit d'abord être approuvée lors de la prochaine assemblée générale du 22 juin. 

"Si l'opération est conclue, il s'agirait de la plus importante transaction jamais réalisée par un SPAC, précise le WSJ dans son article, dépassant les 35 milliards de dollars auxquels la société singapourienne de transport par taxi Grab Holdings Inc. a été évaluée dans le cadre d'une transaction similaire récente".

"Universal Music Group est l'une des plus grandes entreprises du monde", a déclaré Bill Ackman dans un communiqué. "Dirigée par Sir Lucian Grainge, elle possède l'une des équipes de direction les plus remarquables que j'ai jamais rencontrées", s'est-il encore enthousiasmé.

Selon le milliardaire, qui se dit ravi et impatient de voir l'opération se concrétiser, UMG répond à tous les critères d'acquisition et principes d'investissement de son fonds, "car il s'agit de la première société de musique au monde, avec une redevance sur la demande mondiale croissante de musique". 

Pershing Square Tontine Holdings, comme tous les SPAC, n'a pas d'activité opérationnelle. Son objectif est de s'introduire en bourse afin de lever des fonds pour investir dans des sociétés d'un secteur déterminé et pour une période définie.

PSTH a réussi à lever 4 milliards de dollars en juillet 2020 lors de son introduction à la bourse de New York. Son intention affichée était alors de "rechercher des opportunités de fusion avec des sociétés privées, à forte capitalisation, de haute qualité et en croissance", sans apporter de précision sur de potentielles cibles. Avec UMG, PSTH est donc sur le point de réaliser sa première acquisition d'envergure.




AOF - EN SAVOIR PLUS



Points clés

- Holding de 3 pôles, la culture avec Editis, le divertissement culturel avec Universal Music Group (1/3 du marché mondial), Canal Group, DailyMotion et Gameloft, et les médias avec Havas ;

- Revenus de 16,9 Mds€ générés par UMG (50%), par le groupe Canal + (33 %), par Havas (12 %) et Editis (4,5 %) ;

- Modèle économique visant à devenir n° 1 mondial dans les contenus, les médias et la communication à partir de 4 axes de création de valeur : la détention de talents, leur valorisation mondiale, la valorisation des catalogues et droits de propriété intellectuelle et l’attractivité de la ligne éditoriale ;
- Capital contrôlé à 26,28 % et 28,51 % des droits de vote par le Groupe Bolloré, le conseil de surveillance de 12 membres étant présidé par Yannick Bolloré.
- Situation financière maîtrisée avec une dette nette en hausse à 5 Mds€ pour des fonds propres de 15,8 Mds€.

 


Enjeux

- Stratégie fondée sur la valorisation des propriétés intellectuelles et des contenus par franchises, « live » (festivals), sur la pénétration des marchés africains, indien et chinois et sur la distribution en ligne ;
- Stratégie d’innovation fondée sur l’émergence de créateurs locaux, sur l’offre de plateformes et d’incubateurs de création dans plusieurs pays et sur des partenariats ;
- Stratégie environnementale intégrée dans la démarche de création de valeur ;
- Pénétration de la Chine après la vente à Tencent de 10 % du capital d’UMG et possible renforcement des liquidités en raison de l’option de vente de 10 % supplémentaire exerçable jusqu’à mi-janvier 2021 ; 
- Bonne visibilité de l’activité, les abonnements représentant près des 2/3 des revenus ;
- Evolution du portefeuille de participations, dont Telecom Italia, de 5,7 Mds€.

 


Défis

- Remontée du chiffre d’affaires publicitaires de Havas et de Vivendi Village
;
- Introduction en Bourse, d'ici 2023 au plus tard, d'une nouvelle part du capital d'UMG ;
- Spéculations sur un rachat de M6 et des actifs éditoriaux (Europe 1) de Lagardère, détenu à
20 % ;
- Impact de la pandémie : hausse de 3% du chiffre d’affaires et de 4,4 % du bénéfice net ;

- Difficultés avec les participations italiennes -Telecom Italia  (29,94 % des droits de vote, dont 19,94 % portés par une société fiduciaire italienne) et Mediaset- entraînant un bras de fer avec le fonds activiste Elliot pour Telecom Italia, et un conflit juridique pour participation dans Mediaset ;
- Absence de perspectives 2021 ;
 - Maintien du dividende ordinaire de 0,60 € et projet de distribution aux actionnaires après la cession de 20 % d’UMG.


 
 



La presse magazine en effervescence


En deux ans cette presse a considérablement évolué en France. Les trois groupes leaders (Lagardère, Bertelsmann et Mondadori) se sont quasiment désengagés pour laisser la place à de nouveaux acteurs. Le groupe Lagardère ne conserve aujourd’hui que « Paris Match » 
et le « 
JDD »
. Les titres « Elle »
, « 
Version Femina »
, « 
Télé 7 Jours », « France Dimanche »
, « 
Ici Paris »
ont été cédés à un nouvel entrant, Czech Media Invest (CMI), contrôlé par le tchèque Daniel Kretinsky.
Pascal Chevalier, issu de la Net économie, s’est, lui, emparé de Mondadori France (« 
Grazia »
, « 
Biba »
, « 
Closer »
, « 
Science & Vie »
) l’an passé, après avoir repris « Marie France »
e
n 2013. Son groupe dispute désormais la position de leader avec Prisma Media qui pourrait tomber dans le giron de Vivendi, contrôlé par Vincent Bolloré. Prisma Media détient notamment les titres « Femme Actuelle », « Geo », « Gala », « Voici », « Télé-Loisirs » et « Capital ».

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